Rencontre littéraire avec les éditions du Panseur

par | 28 février 2022 | 0 commentaires

Par @point.a.laligne

Après un aperçu lors de la soirée Vleel – Rentrée littéraire d’hiver, nous étions impatients d’avoir une rencontre consacrée aux éditions du Panseur. C’est chose faite !

Jérémy Eyme, jeune et enthousiaste éditeur, a créé les éditions du Panseur en 2019. Depuis, il se donne les moyens de ses ambitions.

En référence au Panseur de mots, ouvrage d’Isabelle Aupy publié par la maison, Jérémy a choisi ce nom justement parce que l’écrit, la lecture devenaient indispensables pour comprendre que “Panseur” faisait référence au soin et à la guérison par les mots.

Il se voit d’ailleurs comme le personnage du texte : à l’écoute et à la recherche de solution à travers ce qui est dit comme dans les non-dits et les silences entre les lignes. ”N’ayant jamais été publié, je ne suis pas écrivain, nous dit-il, pourtant je poursuis des travaux d’écriture avec la guidance des auteurs de la maison. Je porte leurs textes jusqu’à l’achèvement. J’ai le désir de travailler les textes avec les auteurs pour provoquer la transformation de celui qui l’écrit mais surtout au bénéfice de celui qui les lit. Il s’agit de trouver des métaphores au service de la métamorphose.”

Les éditions du Panseur font ce que Jérémy qualifie d’ingérence créative. Des notes en fin de roman qui racontent souvent l’histoire du manuscrit et de la collaboration menée.

Isabelle Aupy le confirme. Auteure puis éditrice au côté de Jérémy, elle sait qu’il est possible de se perdre dans une écriture ou une édition. Elle a par exemple pris l’habitude de passer par la lecture orale des textes directement à l’auteur qui redécouvre son texte énoncé par une autre voix. Plusieurs de leurs textes ont changé de fin à la suite de ce travail.  Il n’est pas question d’hésiter à aller jusque là pour les bienfaits que cela procure au texte.

C’est d’ailleurs en application à cette vision du travail éditorial que les éditions du Panseur font le choix de n’éditer que des auteurs francophones vivants. Le travail à fournir autour d’une réédition ou d’une traduction ne serait pas le même et n’est pas celui qui intéresse l’équipe.

Toujours défenseur de son amour des mots, Jérémy a également souhaité un logo et une charte graphique uniquement basés sur eux. Il doit le résultat à Anne-Sophie Bélier, graphiste. Il n’y pas d’image, uniquement des mots. Ce sont eux qui caractérisent l’identité des éditions du Panseur. 

Féru de liberté et d’ouverture d’esprit, Jérémy Eyme prône l’absence de ligne éditoriale pour sa maison. Se définissant lui-même comme “non genré en termes d’appétit littéraire”, il souhaite pouvoir éditer tout ce que les lecteurs sont susceptibles d’aimer. Avoir une ligne éditoriale serait imposer une limite aux auteurs et il s’y refuse.

Anouk Lejczyk auteure du #8 Felis Silvestris était également avec nous pour parler de son premier roman de couleur vert forêt du lieu où se déroule l’intrigue. Elle a ainsi pu confirmer les bienfaits du temps pris à la réécriture collective avant la parution de son livre. Un livre qui a rencontré son lectorat comme le prouve la nécessaire réimpression et une prochaine édition chez Folio !

Parmi les autres titres publiés et évoqués que vous pouvez trouver en librairie ou sur le site du Panseur… mais certainement pas sur Amazon, là encore grâce aux convictions fortes de Jeremy Eyme :

#2 Le Quatrième Roi Mage d’Antonio Exposito – rouge comme la robe du personnage principal.

#3 Minuit sur le monde de Jules Pétrichor – d’un violet profond et crépusculaire, illustré par Enness Edwood. Il s’agit d’un roman initiatique autour d’un jeune homme dans un monde plongé dans l’obscurité.

#7 La Ville Humide de Claire Dumas – une nouvelle à la couverture gris brouillard sur la ville

#9 Ossature de Nassim Kezoui – bleu Klein qui rappelle à la fois la France et l’immensité du ciel. Un texte, de l’avis des lecteurs, très humain et magnétique autour de la quête identitaire.

A suivre dans les parutions de la maison, le troisième roman d’Isabelle Rossignol, des surprises de fond et de forme ainsi qu’une ouverture sur le format Audio. Vivement septembre !

A voir: la rencontre en replay sur YouTube