Rencontre littéraire avec les éditions Séguier

par | 17 juin 2022 | 0 commentaires

Par @hanyrhauz

Séguier est comme une vieille maison de mode : élégante, intemporelle mais avant-gardiste, il suffit juste de trouver le créateur qui saura faire jaillir la nouveauté.

“Une belle endormie” dit Jean Le Gall, qui a repris la maison en 2013 sur les conseils d’Olivier Barrot. Dans les années 80, elle se faisait “bibliothèque décadente », il y avait une cohérence esthétique autour de personnages méconnus, méprisés, maudits. Des personnages bigger than life.
Le cinéma et la mode tiennent aujourd’hui une place de choix dans le catalogue, mais toujours avec une volonté forte de trouver des pattes littéraires, parce que la littérature s’écoute plus qu’elle ne se lit.

Jean Le Gall est auteur (chez Robert Laffont), éditeur (de Séguier mais aussi au Cherche-Midi) et avant cela, il a été avocat et libraire. Chez Séguier, il publie 10 à 15 livres par an qui sont autant de risques éditoriaux, notamment avec certains livres qui ont une charge polémique forte. L’équipe est composée de Jean Le Gall et d’Hugo Macé. En 2019, ils ont rejoint un grand groupe qui leur permet d’être aidés au quotidien tout en leur garantissant une indépendance totale. Quand on est éditeur indépendant, il faut avoir les moyens d’un procès, avec Hockney par exemple. Dans un grand groupe, il y a moins de censure et plus de force.

Une collection se distingue, l’Indéfinie, une véritable collection de littérature, même s’il trouve dommage que l’on perde du temps sur des notions de classement en librairie. Patrick Procktor, le secret de David Hockney ne doit pas être limité au rayon Arts, c’est bien plus une tragédie classique qu’une monographie. Mais il y a aussi une sorte de snobisme littéraire, ce qui ne serait pas sous une couverture blanche ou jaune, ne serait pas de la littérature. En 2022, Séguier entre dans le grand jeu de la rentrée littéraire en présentant le premier roman de Mirwaïs (bien connu des fans de Taxi Girl) qui est le livre idéal pour ça. Il a toujours eu un projet littéraire qu’il a pu concrétiser et qui, je profite de cette parenthèse pour le dire, même si ce n’est pas l’objet d’un compte-rendu, est vraiment à lire !).

Si Jean Le Gall a évoqué de nombreux livres du catalogue que ce soit les nouveautés autour des figures de Patrick Procktor ou Condé Nast mais aussi le livre Leçons d’élégance ou ceux sur Louis Jourdan écrit par Olivier Minne (est-ce que je vous refais le coup de la parenthèse où je donne mon avis ? Non, je n’oserais pas… mais il faut le lire !) ou sur Stephen Hecquet par Frédéric Casotti ou encore Le cavalier de la nuit de Robert Penn Warren (qui n’a pas trouvé son public malgré de bons retours dans la presse, vous savez ce qu’il vous reste à faire…), il s’attache à ce qui vient. Les tout-puissants de Mirwaïs qui paraîtra en août, et les mémoires du réalisateur Pascal Thomas.

Si Séguier garde son élégance, son intemporalité et son avant-gardisme, elle n’a plus rien d’une belle endormie.

A voir: le replay de la rencontre sur la chaîne YouTube

A lire: deux chroniques sur des ouvrages des éditions Séguier- ici et ici