Rencontre littéraire avec Denis Rossano

par | 17 octobre 2022 | 0 commentaires

« J’peux pas, j’ai Vleel», voilà ce qu’ont dit les vleeleurs ce soir-là. Parce qu’il y a des rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte. Forts de nos souvenirs de la première rencontre littéraire en 2020 en forme de coup de foudre, l’auteur de Un père sans enfant, nous avait manqué.

(photo © Miguel Bejo)

Dans son nouveau roman, il poursuit son exploration de l’Allemagne nazie à travers le destin d’une star du cinéma et du théâtre allemand marié à une juive: Joachim Gottschalk.

« En terminant l’histoire de Douglas Sirk je me suis dit qu’il y avait encore mille choses à raconter sur cette période et ce pays ».

Le temps de l’écriture…

« Je me suis lancé dans l’écriture d’une histoire douloureuse, en pleine pandémie aux Etats-Unis,  alors que ma mère était en Allemagne à l’agonie dans un hôpital et que je ne pouvais pas aller la voir ». Mais finalement « me mettre dans l’histoire de quelqu’un d’autre m’a aidé à surmonter tout ça ».

Joachim Gottschalk, « le Clark Gable allemand »

« Joachim fait partie de cette génération qui a transformé le théâtre. Il était beau, il murmurait (disait-on) et imposait un charisme immédiat. Il a commencé et est devenu une star très jeune».

Grande Histoire et histoire personnelle

« Quand j’écris j’ai besoin de m’inclure dans le récit, pour des raisons émotionnelles ». Denis crée donc le personnage d’Aloïs, composite de plusieurs acteurs de l’époque, vivant une amitié très forte avec Joachim.

« Tout ce que je raconte autour de l’Histoire a vraiment existé. Joachim par insouciance et déni n’a pas réalisé tout de suite qu’être marié à Meta, une juive, allait les précipiter à leur perte. Comme un romantique fataliste, son ego lui a fait croire qu’il était protégé ». Une situation inimaginable pour les nazis. Alors quand la machine se mit en marche, elle fut implacable.

Nous nous quittons rassurés et comblés : Denis est toujours aussi chaleureux et passionnant et il a des projets d’écriture en tête. Le rendez-vous est déjà pris pour pouvoir dire à nouveau : « j’peux pas, j’ai Vleel avec Denis Rossano ».

Par @sandra_etcaetera

A LIRE deux retours de lecture sur le roman de Denis Rossano, ici et ici