Rencontre avec Denis Rossano

par | 06 mai 2020 | 0 commentaires

Par  @clairethefrenchbooklover et @serial_lecteur_nyctalope
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Muni d’une carte verte gagnée à la loterie, Denis s’expatrie aux Etats-Unis tout en étant critique et correspondant cinéma pour la presse française. Pour notre plus grand bonheur il devient écrivain et a accepté, depuis Los Angeles de rencontrer ses lecteurs avec une bienveillance comme nulle autre.

Ecrire. C’était en lui. Il fallait que cela sorte. Lors de vacances à Berlin, le déclic apparait à l’endroit où l’autodafé de 1933 est perpétré. Douglas Sirk. Ce grand réalisateur qu’il connait su le bout des doigts et qui pourtant va encore le surprendre. Ce sera lui. Ou plutôt son fils, inconnu pour beaucoup, invisible pour la majorité mais bien présent en filigrane de son œuvre. De son vrai nom, Detlef Sierck, artiste de gauche qui s’illustrait sur la scène théâtrale pendant la République de Weimar. Il devient ensuite le réalisateur le plus connu du cinéma allemand nazi avant d’émigrer aux Etats-Unis en 1938. Considéré comme le plus grand réalisateur de mélodrames avec Mirage de la vie notamment, il aura pour son fils, englouti par le cinéma nazi, une tendresse inassouvie•••
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Un père sans enfant. Le titre de ce livre ne pouvait être plus évocateur pour le romancier comme pour Douglas. Il ne reverra son fils, acteur de propagande malgré lui, embrigadé par sa mère, qu’à travers l’écran. Devoir abandonner sa chair ne fut que déchirement. Denis Rossano dans son texte nous avouait que tous les lecteurs pensaient qu’il avait rencontré Douglas Sirk, or cela n’a jamais été le cas. Prouesse supplémentaire tant les dialogues paraissent réalistes.

Denis y a forcément mis aussi beaucoup de lui-même dans cette relation paternelle, ce qui en fait un livre aux multiples entrées, qu’elles soient touchantes, puissantes ou terribles. Denis Rossano est un passionné. De cinéma et de littérature. Tous les lecteurs sont tombés sous son charme, entre anecdotes totalement rocambolesques, sincérité et humilité. Je savais que cet instant serait magique. L’ayant rencontré lors d’une présentation en librairie, je savais•••

Je ne souhaite qu’une seule chose : lire son prochain livre. Mais surtout lui souhaiter d’accomplir de très grandes choses. Toujours à l’écoute de ses lecteurs, disponible pour échanger avec eux, il a cette vision qu’ont peu d’écrivains : celle du partage. Il écrit pour nous. Pour vous et non pour lui. C’est ce qui fait toute la différence•••

A VOIR: le replay de la rencontre sur YouTube

A LIRE: deux chroniques sur Un père sans enfant, ici et ici