Rencontre avec David Vincent de l’Arbre vengeur

par | 11 juillet 2020 | 0 commentaires

Par @sandra_etcaetera 

L’Arbre vengeur- ce nom et ce logo sonnent déjà comme une petite provocation- alors quand VLEEL reçoit David Vincent, l’un des deux créateurs de la maison d’édition, Anthony l’interroge rapidement sur ce nom bien singulier et sa réponse permet d’emblée de mesurer le degré de liberté contenu dans l’ADN de cette maison: beaucoup de livres sortent mais ne méritaient pas d’être publiés, donc « on venge tous ces arbres abattus pour rien« !

Voilà sans arrogance et avec beaucoup d’humour comment David Vincent et Nicolas Etienne envisagent leur mission d’éditeurs: « on publie ce qu’on veut tout en étant sérieux« . Un vent de liberté et de bonne humeur a soufflé dès lors sur cette rencontre impulsé par cette passion toujours impressionnante qui anime tous les éditeurs de ces maison indépendantes que VLEEL rencontre.

Et il en faut une sacrée dose de passion quand on sait que David Vincent et Nicolas Etienne travaillent tous les deux en parallèle de la gestion de L’arbre Vengeur, statut qui leur laisse certes une souplesse financière mais qui leur impose certainement un rythme quotidien soutenu. Alors quand ils doivent faire un choix éditorial il doit être percutant et répondre à l’esprit « Arbre Vengeur ». Des choix originaux, des couvertures modernes et souvent colorées, y compris quand il s’agit de publier des textes du passé, histoire de dynamiser le visuel du livre, couvertures conçues bien souvent avec des illustrateurs de BD

Une passion et un investissement payant et gratifiant, d’abord par le soutien fidèle des libraires mais aussi il y a deux ans par le couronnement par le Prix de Flore de L’anatomie de l’amant de ma femme de Raphaël Rupert (que je vous conseille vivement!) . Une récompense qui fait plaisir et permet de stabiliser les finances mais les aspirations des deux amis bordelais sont ailleurs. Ils veulent avant tout faire connaître des auteurs et des textes parfois refoulés des autres maisons d’édition ou des textes inédits d’auteurs du passé.

Ils partent chaque fois avec la même envie et la même conviction pour la vingtaine de publications annuelles (chiffre sans doute revu à la baisse cette année). Chaque publication est une nouvelle aventure qu’il s’agisse de littérature étrangère ou francophone, de vivants ou de morts, David et Etienne croient très fort en chacune d’elles, sont fiers de les publier, quelque soit le résultat: petit succès ou nombre de ventes plus discret.


L’arbre Vengeur c’est aujourd’hui environ deux cents titres au catalogue accumulés depuis 2002, des titres percutants (Lève ton gauche!) ou bizarres (Quinzinzinzilin ou Les Pantoufles), des couvertures insolites (Une ombre qui marche), des auteurs chouchous (Emmanuel Bove, Eric Chevillard, Frédéric Roux…), des brèves écrites avec talent par David Vincent, des vidéos Youtube pendant le confinement histoire de continuer à parler littérature, et des sorties récentes à ne pas manquer: Peter Ibbetson de George du Maurier, Ceux de Midwinter de John Buchan, Une ombre qui marche de Tiphanie Le Gall, Vache tachetée et concombre fugitif, des contes grinçants et exhumés signés Octave Mirbeau…
Et s’il ne devait en rester qu’un, David Vincent nous conseille Mes amis d’Emmanuel Bove pour lequel son enthousiasme est sans bornes et digne de figurer dans le catalogue éclectique, insolent et exigeant de L’Arbre Vengeur.

Note d’Anthony : Pour ma part je vous conseille également le magistral roman de @lucmichelfouassier Les pantoufles. Humour et absurde garantis ! Parole de renard.

A VOIR : le replay de la rencontre sur la chaîne YouTube VLEEL.

A LIRE : une chronique, ici .