Rencontre avec François Médéline et La Manufacture des livres

par | 05 novembre 2020 | 0 commentaires

Par @jiemde 
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Quand on a grandi dans les livres, entouré d’ascendants écrivains amateurs, qu’on a soi- même commis quelques nouvelles dès l’adolescence puis envoyé un premier manuscrit – en vain – chez Rivages noir à 20 ans, la voie semble tracée vers l’écriture.

Elle sera d’abord politique pour François Médéline, enseignant à Sciences-Po Lyon et plume dans l’ombre pour quelques élus illuminés. Jusqu’au ras-le-bol, au trop plein et même au quasi-burn-out. Pas grave. Un envoi à La Manufacture des livres, et une réponse du boss Pierre Fourniaud dans la foulée : « fumée blanche immaculée ». C’est parti pour quatre livres.


Avec son éditeur, François Médéline se confie devant la vingtaine de blogueurs de ce Vleel d’automne. Sur ses influences d’abord : le noir bien sûr, comme une évidence quand la révélation de la littérature s’est faite par « Le Dog » Ellroy et son jab littéraire, sa scansion qui cogne. « Oui, la littérature c’est d’abord du plagiat, au sens de l’influence, comme en peinture. C’est après que le propre style murit ». Et Thompson, Crews, Goodis, King viennent spontanément s’ajouter à son panthéon. Et Duras aussi.
« La politique du tumulte », « les rêves de guerre » lancent l’auteur. « Tuer Jupiter », uchronie sur la datasphère et l’hypercommunication lui offre son lot de buzz. Marrant pour un livre et un auteur qui le dénonce. Et en cette fin 2020, sort « L’ange rouge », premier volume de ce qui pourrait être demain une trilogie. Voire une série récurrente.


Une enquête noire située à Lyon, ville natale de Médéline, devenue « personnage principal du livre ». Un livre qui comme les précédents s’inspire du réel, mais sait s’en éloigner : « Je ne suis pas journaliste, je fais de la littérature. J’ai un pacte de crédibilité avec mon lecteur, pas avec la réalité. Le plus important pour moi dans l’écriture est le rapport esthétique au monde, comment je transmets mon point de vue et j’interroge le réel ».
Dans une approche un brin mystique – « Quand j’écris, j’entends comme quelqu’un qui me parle, une petite voix, une petite musicalité qui me guide »

Alors j’écris ce que j’entends » – Médéline peaufine méticuleusement son style. Avec bon sens : « J’ai une aversion pour les adverbes. Ce sont des mauvais amis. Généralement, un autre verbe ou un mot plus adapté peut toujours remplacer un adverbe ».
L’Ange rouge à peine sorti, celui qui « n’aime pas le monde dans lequel on vit et a du mal à écrire sur l’époque actuelle » est déjà sur deux autres projets : la sortie de La sacrifiée du Vercors, un livre très personnel ; et le scénario de l’adaptation du cultissime « Pike » de Benjamin Whitmer à la demande du producteur qui avait adoré « La politique du tumulte ». La politique est bien loin. Tant mieux…

A VOIR: le replay de la rencontre sur YouTube

A LIRE: deux chroniques sur le roman de François Médéline, ici et ici