Rencontre littéraire avec Amanda Sthers

par | 06 mai 2022 | 0 commentaires

Par  @serial_lecteur_nyctalope

Direction Naples, théâtre central du café suspendu, ville tumultueuse et passionnée où le bruit est une vertu.

Amanda Sthers découvre le café suspendu avant de découvrir la ville de Naples. Elle s’y balade, calcule les trajets, vérifie que tout concorde avec sa narration. Elle a choisi un quartier napolitain et construit le fil de son histoire en se rendant sur place.

Comparant ses personnages à ses enfants qu’elle décrivait avant qu’ils naissent, Amanda Sthers habite ses personnages, ils sont en elle. « Comme si je les attendais sur le chemin de ma vie, ils sont réels dans ma tête ».

Si Amanda Sthers n’a aucune difficulté à se mettre dans la peau d’un personnage masculin, elle n’hésite pas à affirmer que « les écrivains sont des vampires » pour absorber les éléments de sa propre vie. Il n’y a pas de personnage secondaire, seulement des personnages à distance.

Naples a été envahi par bon nombre de peuples, a connu la légende Maradona, fut le centre culturel européen pendant son âge d’or, puis déclinera alors que la Camorra viendra perturber l’écosystème ambiant.
La tradition du café suspenducaffè sospeso – permet d’inscrire sur l’ardoise un café offert à un nécessiteux qui arriverait ensuite. Tradition ancestrale qui se perpétue uniquement dans la contrée napolitaine, représentant le charme et le romantisme italien bien connu de tous.

Tout débute avec Jacques Madelin, narrateur omniscient installé à Naples, caricaturiste, passant ses journées au café Nube tenu par Mauricio, abandonné par l’amour mais pas par la ville. De 1982 à 2022, il nous raconte sept portraits de femmes et d’hommes qu’il a croisés et entremêlés d’intermezzo. À la fois roman à nouvelles mais aussi épopée d’un café napolitain traversant les décennies, Amanda Sthers considère que chaque personnage demeure essentiel, nous avons ainsi parlé de la construction du roman tel un opéra, de l’engloutissement de Jacques par Naples. Mais aussi de son rapport à l’écriture ou la lecture qu’elle sépare en deux entités. Elle qui fut bouleversée par Romain Gary mais aussi Cypora Petitjean-Cerf de manière plus contemporaine.

Avant de penser aux livres suivants, Amanda a du répondre à une demande un peu particulière : celle de sa nièce qui découvrait un livre dédicacé à tous les enfants du monde « je veux le mien ! », Amanda céda.

A voir: le replay de la rencontre sur la chaîne YouTube

A lire: deux chroniques sur le roman d’Amanda Sthers- ici et ici