Rencontre avec Laurent Petitmangin

par | 18 décembre 2021 | 0 commentaires

Par @point.a.laligne

Après un rapide retour sur le succès rencontré par son roman précédent primé à multiples reprises, Laurent Petitmangin nous présente Ainsi Berlin.

Ce sont d’ailleurs les deux textes en question que Laurent Petitmangin avait adressés à Pierre Fourniaud, créateur de La manufacture de livres qui, directement, contacte Laurent et décide de publier Ce qu’il faut de nuit (août 2020) puis Ainsi Berlin (octobre 2021). 

Gerd et Käthe sont allemands et nés au début du XXè siècle. Anti-nazis, ils s’impliquent, à l’issue de la guerre, dans la reconstruction de l’Allemagne de l’Est. Ils sont aussi amoureux qu’ indépendants et totalement animés par leurs idées communes. Gerd n’hésite donc pas à suivre l’ambitieux projet de Käthe : retenir en Allemagne les élites intellectuelles scientifiques et élaborer un programme d’éducation des enfants destiné à en faire les génies qui redoreront l’image de la nation allemande.

Gerd rencontre Liz, jeune veuve américaine et architecte qui crée le trouble chez Gerd qui voit en elle la personnification du rêve américain et de son modèle capitaliste à l’opposé des idées communistes qu’il défend jusqu’alors.

Laurent Petitmangin, qui lui-même doute parfois de la vraisemblance de ses histoires et qui, en l’espèce n’a pas souhaité aller jusqu’à ancrer réellement son récit dans l’Histoire, part toujours d’une scène qui lui apparaît comme une fulgurance et d’un jeu de personnages qu’il y associe et qu’il se plaît ensuite à développer. Il se laisse porter … Il écrit pour qu’on le lise comme on feuillette un album photo. Chaque scène est une image avec l’évocation d’un son, d’une odeur ou d’une sensation et la succession rapide de ses scènes prend la forme d’un film d’animation littéraire.

On peut effectivement reconnaître à Laurent Petitmangin la capacité à faire des romans très visuels. 

Comme dans son roman précédent, le personnage principal est empreint de doute. C’est un trait de caractère auquel Laurent Petitmangin est sensible, nous confie-t-il. Cela révèle l’ambivalence et le contraste de toute nature humaine. Une ambivalence que l’Allemagne, scindée en deux à l’époque du récit, incarnait également parfaitement. De même qu’il se questionne beaucoup sur l’engagement, qu’il soit professionnel, politique ou associatif et sur la capacité des hommes à se mentir à eux-mêmes, à trahir leurs engagements.

Alors même si les contextes de ses différents romans (scoop : il y en a deux autres plus anciens qui n’ont pas été édités mais qui seront peut-être retravaillés pour l’être un jour !) sont toujours différents, le traitement de cette nuance chez l’homme, dimension très riche, reste un point commun à ses écrits, un sujet qu’il aime aborder.

Nous retrouverons ces notions dans le prochain roman sur lequel il travaille et auquel il ajoute l’amitié… Mais il n’en dit pas plus… il nous faudra être patients !

A VOIR: le replay de la rencontre sur YouTube