Deuxième rencontre avec Marie Aude Murail

par | 05 novembre 2021 | 0 commentaires

Par @hanyrhauz

Souviens-toi l’an dernier. Marie-Aude Murail était invitée pour la première fois en VLEEL. Elle nous avait cueillis par son émotion, sa sincérité. C’était pour Angie, le premier tome de ce qui deviendrait une trilogie. 

Souviens-toi de septembre, c’est le titre du deuxième tome dont elle vient nous parler cette fois. Depuis cette première rencontre, Lorris Murail, son frère, l’écrivain “du bout de la nuit” s’est éteint. Ils ne se sont pas lâchés. Il fallait continuer.

Le dernier tome, A l’hôtel du pourquoi pas est écrit, Marie-Aude Murail l’avait promis, elle irait au bout de ce défi lancé juste avant le premier confinement. Ecrire un roman policier qui se passe dans la ville de leur enfance, Le Havre, une ville très photogénique pour qui sait la regarder. Une ville qui peut devenir une île si on relève tous les ponts. Le cadre idéal pour un roman policier. Lorris était un amateur de romans feuilletons, il fallait du rebondissement, des surprises, que ça dure !

C’est un genre particulier qui demande d’écrire d’une façon différente.. C’est comme une masterclass, il faut utiliser tous les trucs, tous les codes, avec du second degré, mais en donnant les cartes. Parce que le mystère est plus passionnant que son explication. L’idée forte était de donner une atmosphère très contemporaine et surtout trouver une astuce pour éviter le côté Club des cinq, ce qui est le risque quand le héros est un enfant. Le confinement permet de ne pas montrer l’héroïne à l’école.

Les histoires de Marie-Aude Murail sont “pleines de vrais gens” depuis toujours. Il y a d’ailleurs un parallèle à faire entre Augustin et Sauveur, même si Augustin est plus inachevé comme personne que Sauveur. Augustin est mis au pied du mur, il enquête mais il est aussi dans une quête du père. Alerte ! Augustin, Sauveur, il y aura une surprise dans le troisième tome… Ces vrais gens ont aussi des inspirations célèbres. Angie, bien sûr, c’est la chanson des Stones. Augustin, c’est Auguste Perret, l’architecte qui a œuvré à la reconstruction du Havre, mais aussi Jacques-Augustin Normand, constructeur naval et figure majeure de la ville normande et Augustin Meaulnes, le héros du roman d’Alain-Fournier. Quant au titre du troisième opus, il fait référence au Pourquoi-Pas, le bateau du commandant Charcot. C’est de la maladie du même nom que Lorris Murail était atteint.

Et maintenant, que faire ? La réponse de Marie-Aude Murail est bouleversante, mais c’est aussi un cri de joie, de vie : “maintenant, il faut aimer plus.” Et s’entourer de jeunes : “quand on perd les témoins de ce qu’on a vécu, il faut s’entourer des gens qui nous enterrerons.” Il y a dans ses projets littéraires, un Miss Charity français, le XIXe siècle étant sa récréation, mais aussi le tome 7 de Sauveur & fils. Et puis, son dada, la lecture à voix haute, la voie royale pour aller vers les livres.

Il est temps de terminer sur une invitation enthousiasmante : lisons à voix haute !

A VOIR: le replay de la rencontre sur YouTube